1 600 rassemblements étaient organisés vendredi dans plus de 110 pays pour maintenir la pression sur les gouvernements. À Paris, près de 15 000 jeunes et moins jeunes ont défilé.
La jeunesse n'a pas dit son dernier mot. Après la vaste mobilisation mondiale du 15 mars, qui avait réuni 1,8 million de jeunes grévistes à travers le monde, cette seconde journée mondiale de grève pour le climat a de nouveau attiré à travers le globe. Le mouvement, lancé par la jeune Suédoise Greta Thunberg en septembre dernier, n'a pas fini d'essaimer. 1 600 rassemblements et/ou manifestations et/ou mouvements de grève scolaire étaient organisés vendredi 24 mai dans plus de 110 pays.
En France, près de 15 000 jeunes (et moins jeunes) ont défilé de la place de l'Opéra à celle de la République, selon le cabinet Occurrence, partenaire de Mediapart et d'autres médias – les organisateurs annoncent, eux, 23 000 personnes. C'est tout de même moins que le 15 mars, où 30 à 40 000 personnes s'étaient retrouvées dans les rues de la capitale.
Il n'empêche, sous le soleil, les jeunes lycéens et étudiants – voire collégiens, comme nous le racontions ici – ont fait montre d'une forte volonté de faire entendre leur voix. Cris et chants ont ponctué le défilé. Avec des slogans traditionnels, comme « On est plus chaud, plus chaud, plus chaud que le climat » mais aussi d'autres plus politiques : « Écologie libérale, mensonge du capital » ou « Et un, et deux, et trois degrés, le capitalisme contre l'humanité ».
À trois jours des européennes, les partis de gauche n'ont pas boudé la manifestation. À la sortie du métro, place de l'Opéra, peu avant le départ du cortège, Ian Brossat, tête de liste communiste, tracte avec des camarades. Un peu plus loin, sur le stand de La France insoumise, Manon Aubry répond aux journalistes. Jean-Luc Mélenchon fait une apparition, de même que Yannick Jadot, tête de liste EELV. On aperçoit aussi des drapeaux du Parti animaliste, et même Claire Nouvian, de Place publique, en compagnie de quelques militants de la liste socialiste.
Au même moment ou presque, une centaine de militants procédaient à un nouveau décrochage de portrait d'Emmanuel Macron, à la mairie du XIXe arrondissement de Paris. Cette action a lieu quelques jours avant le premier procès de décrocheurs, mardi prochain à Bourg-en-Bresse.
D'autres rendez-vous avaient été fixés en France, comme à Strasbourg ou devant la sous-préfecture de Bayonne, où des militants ont fait une minute de silence avec les six de Bourg-en-Bresse en attente de leur procès. Des rassemblements ont également eu lieu à Clermont-Ferrand, ou à Bordeaux.
En Grande-Bretagne, plus de cent mouvements de grève étaient prévus, selon The Guardian. Il y a eu également des mobilisations en Pologne, en Norvège, à Lausanne en Suisse ou à Bologne et Milan en Italie, mais aussi à Hambourg ou Berlin, en Allemagne, ou Vienne, en Autriche.
À Melbourne, en Australie, la mobilisation a été massive, après la récente réélection d'une coalition favorable au charbon et à l'action très faible contre le changement climatique. On signale également des mobilisations en Inde, au Japon ou encore à Séoul en Corée du Sud.
En Russie, quelques militants se sont rassemblés à Krasnoïarsk, tandis qu'à Moscou, où les autorités ont refusé l'organisation d'une manifestation, Arshak Makichyan, 24 ans, qui manifeste depuis 11 semaines tout seul, réitérait.
Le mouvement devrait encore s'amplifier en septembre. Un collectif international de jeunes militants pour le climat comprenant Greta Thunberg a en effet lancé un appel global et intergénérationnel à une semaine d'actions en septembre pour « déclencher une résistance de masse ». Ils espèrent « marquer un nouveau départ » dans une rébellion qui ne saurait être celle « d’une génération isolée ». Un défi auquel répond ce vendredi, dans une tribune, un ensemble de personnalités.